Different, but same-same

En passant

After I read this article’s conclusion, listing the main problems plaguing Philippines politics right now, I thought of the situation in Switzerland. Radically different for sure (we don’t have extrajudicial killings), yet feeling just as gloomy. The Swiss list could go something like this:

The seething resentment of the poor over the booming price of healthcare, the simmering anger over the administration blind obeisance to the EU, the anguish over the continuous flood of illegal African migrants, the betrayal engendered by the government and the courts refusal to apply democratic decisions, the growing fury created by the totalitarian racket of traffic laws, and the gloom caused by the pension funds coming bankruptcy.

Different continents, same dark clouds.

In the Philippines, Facebook IS internet

Internet neutrality is slowly disappearing everywhere, but in the Philippines it is already dead and gone, it probably never even existed. There are only two telecom companies, Globe and Smart, resulting in a bad duopoly situation. For no reason, I am with Globe, but I am pretty sure Smart is just as bad. In Port Barton, coverage is so poor it is impossible to go online for most of day time – except, strangely, Facebook. Facebook is nearly always accessible. Basically, Facebook IS internet for Filipinos in rural areas, that is all there is to see online. Why? The only explanation I can come up with: Facebook has secured a priority deal with the telecom duopoly, that enables it to be the only site millions of Filipinos can see on their phones every day. Also, when you buy a “load” (ie, buy data for surfing and/or phone credit – in a place like Port Barton, where there are no landlines, prepayment is universal, I have never met anyone having a phone subscribtion), you are sometimes offered a “freebie” of 1 extra GB – but only with a very limited choice what you can use this data for: it’s either Facebook, Instagram, Youtube, Twitter, Viber, or some games like Pokemon. Choose one and that’s it. Freedom of choice? No, that one is not available, sorry.

I wrote this about 2 months ago for my blog, but never finished and published it. Today I stumble upon this interesting (though very biased) article, that confirms and explains what I had noted. Wether President Duterte can, or can’t, be considered a “dictator” is another matter entirely, but let’s say that even though I think it excessive to say the least, since I am no longer in Port Barton and therefore have daily access to newspapers and wikipedia, my own views have naturally become more nuanced – which kind of proves the article’s main point.

 

Retirer son 2e Pilier en cas de départ définitif de la Suisse

This week’s update will not be about my progress in the Philippines or the lack of it, but about the requirements and process to obtain your 2e Pilier savings when leaving Switzerland. This topic being of interest to Swiss citizens only, this update will exceptionally be in French, also because there are too many Swiss administrative terms (offices des poursuites? controle des habitants?) that I wouldn’t know how to translate.

La procédure pour retirer son 2e Pilier en cas de départ définitif de la Suisse est à la fois relativement simple et assez compliquée. Simple parce que c’est un droit (plus pour longtemps sans doute) et que les documents à fournir au final sont peu nombreux, et compliquée parce qu’il est nécessaire de bien s’organiser à l’avance, de se renseigner et de ne rien négliger pour que chaque étape se passe sans problème.

Nota bene: la procédure qui suit et en particulier les documents exigés concernent le canton de Neuchatel, qui semble etre l’un des plus maximalistes et tatillons en la matière.

  1. Faire transférer son 2e Pilier

La première chose à faire, si vous êtes employé, est probablement de donner votre démission. Parallèlement, ouvrir un compte dans une institution de libre-passage. Pour des raisons fiscales, choisir une caisse ayant son siège dans le canton de Schwyz. Quand la caisse versera le montant sur votre compte a l’étranger, l’impôt sera nettement moins élevé que dans n’importe quel canton romand. Pour ma part j’ai choisi Liberty et ne peut que recommander leurs services.

Une fois le compte de libre-passage ouvert, demander au responsable du fond 2e Pilier de votre employeur d’y transférer votre avoir (sans mentionner votre intention de quitter le pays).

  1. Déclarer son départ

Se rendre au guichet du contrôle des habitants de la commune de domicile pour signaler votre départ définitif, environ un mois à l’avance (se renseigner pour ces délais, qui peuvent varier d’un canton a l’autre). Il vous sera peut-être demandé de montrer une preuve de départ, par exemple une réservation de vol. Il vous sera délivre une attestation. Avec celle-ci, dans la plupart des cantons vous devrez vous rendre le jour même au guichet du service des contributions et demander une taxation provisoire pour l’année en cours. Son calcul peut prendre entre deux et cinq jours.

  1. Régler ses impôts courants

Si votre canton l’exige, il faut obligatoirement payer ce montant d’impôt, idéalement cash au guichet, ce qui peut être tres problématique. Toutefois, il est aussi possible de demander, via le formulaire ad hoc, que ce montant soit déduit de votre 2e Pilier au moment du transfert sur votre compte à l’étranger. D’autre part, merveille du fédéralisme, seuls les impôts dus pour l’année en cours dans le dernier canton de domicile sont pris en considération. Imaginons par exemple un Monsieur Z qui n’aurait pas encore payé ses impôts 2017. Le 1er janvier 2018, Monsieur Z transfere (officiellement – un passage au contrôle des habitants et un nom sur une boite à lettres suffisent) son domicile du canton X au canton Y. Il annonce ensuite son départ a l’étranger pour le 1er mars. Monsieur Z devra s’acquitter des trois mois d’impôts, de janvier à mars, dans le canton Y. Et toute l’année fiscale 2017, due dans le canton X ? C’est bête, mais elle a momentanément disparue dans un angle mort du fédéralisme…

  1. Obtenir une attestation de non-poursuites

Cette étape (qui, encore une fois, dépend des cantons) peut être également s’avérer délicate. Toutefois, par une heureuse coïncidence, le particularisme helvétique décrit ci-dessus s’applique également aux services des poursuites, qui sont du ressort des cantons, communiquent mal entre eux et sont de plus en plus débordés. Par conséquent, imaginons que ce crevard de Monsieur Z ait des poursuites pour arriérés d’impôts et d’assurance maladie, comme toujours plus de Suisses, dans le canton X. Apres trois mois seulement, ces poursuites n’auront très certainement pas encore été transmises au canton Y, ou le guichet des poursuites lui délivrera une attestation vierge de tout montant – la seule qui lui sera demandée.

  1. Obtenir l’attestation de départ

Muni de la preuve du versement des impôts courants, de l’attestation de non-poursuites et du formulaire dument vise par les deux services (contributions et poursuites), vous retournez au Contrôle des habitants, qui vous délivrera le sésame – votre attestation de départ définitif de la Suisse.

  1. Obtenir une attestation de domicile a l’étranger

Une fois arrivé dans votre pays d’accueil, il vous faudra obtenir une attestation de domicile. Les exigences pour celle-ci dépendant évidemment des lois du pays, il est essentiel de bien se renseigner à l’avance (forums, sites des ambassades, etc). En Thaïlande par exemple, le Bureau de l’immigration exige un contrat de bail et un visa non-Touriste d’une durée minimale de trois mois. Un moyen pour obtenir un contrat de bail est de passer par Airbnb et de s’arranger à l’avance avec le loueur ; pour le visa, une inscription dans une école reconnue donne droit au visa Etudiant ; et le tour est joué. Mais encore une fois, tout dépend du pays d’accueil.

  1. Faire traduire l’attestation de domicile

L’attestation doit impérativement passée par un traducteur agréé, qui y apposera son sceau officiel.

  1. Ouvrir un compte dans le pays d’accueil

La aussi, il est utile de se renseigner à l’avance sur les conditions et documents exigés (par exemple contrat de bail ou facture d’électricité a votre nom, visa…) pour pouvoir ouvrir un compte bancaire dans votre nouveau pays (c’est généralement assez simple – rares sont les banques qui refusent de l’argent, par définition).

  1. Envoyer les documents à la caisse

Une fois réunis l’attestation de départ et l’attestation de domicile avec sa traduction, scanner et renvoyer le tout par e-mail a la caisse, avec également un scan de votre passeport et du formulaire dument complété, sans oublier les coordonnées complètes de votre compte. La caisse effectuera le transfert dans les dix jours. Et voilou !

Bien sûr, les choses sont un peu plus compliquées pour qui a été marié, aurait des enfants à charge ou en cas de départ dans un pays membre de l’UE ou ayant conclu des accords fiscaux avec la Suisse. Pour plus de renseignements je ne peux que recommander l’e-book Départ de Suisse et 2e Pilier, très complet (et son auteur propose des consultations a des prix très raisonnables pour les cas complexes).

En conclusion, si cette possibilité (assez inespérée, il faut bien le dire) de financer votre départ dans une nouvelle vie vous tente, il est probablement judicieux de ne pas trop hésiter – il est à peu près certain qu’elle ne subsistera plus pour longtemps.

Interdiction: les fumeurs sont dans la rue

fumeurs

  • A partir du 1er septembre, il sera interdit de fumer dans tous les lieux publics.
  • Les nuisances sonores pour les riverains vont augmenter.
  • Le compromis des fumoirs ne satisfait personne: trop chers, ils pourraient être bannis par une initiative fédérale plus sévère.

Le 30 novembre 2008, les Vaudois, tout comme les Fribourgeois et les Valaisans, se prononçaient très largement en faveur de l’interdiction de la fumée dans les lieux publics. En donnant la faveur, du bout des lèvres (69,42 contre 68,21% !), au contre projet du Conseil d’Etat, ils laissaient néanmoins la possibilité aux cafetiers-restaurateurs de créer des fumoirs sans service.

L’expérience de la plupart des pays européens, puis plus près celle d’autres cantons comme Genève, a montré que l’interdiction de la cigarette dans les bars a pour conséquence principale une augmentation des nuisances sonores pour les riverains. Sans oublier les mégots qui transforment certains trottoirs en cendriers géants. Quand les fumeurs sont dans la rue, les voisins toussent.

«C’est notre principal souci, reconnait Jean-Ephrem Ody, du Standard, fataliste. Mais nous n’avons pas vraiment le choix. Un fumoir coûterait beaucoup trop cher, et de toute façon nous n’aurions pas la place.»

«Nous avons la chance de ne pas avoir de voisins directs, se réjouit Thierry Thomas, du bar Le Luna. Et nous songeons à transformer nos bureaux, au sous-sol, en fumoir. Mais dès cet hiver, pour les fumeurs, ça va être dur. Personnellement, j’arrête de fumer en septembre», sourit-il en s’allumant une cigarette.

Autre problème: les clients indélicats qui pourraient être tentés de sortir fumer et d’en profiter pour s’éclipser sans payer. «Nous serons contraint d’encaisser les consommations tout de suite, reconnaît Thierry Thomas. Cela va changer quelques habitudes. Il faudra aussi être plus attentif aux vols à la tire, aux affaires laissées sans surveillance pendant que leurs propriétaires fumeront dehors.»

Fumoirs trop chers
Quand le Grand Conseil a adopté la loi cantonale contre la fumée passive, les discussions se sont focalisées sur les fumoirs. Pour leurs partisans, ceux-ci devraient justement réduire le nombre d’accros de la clope contraint de faire le pied de grue à l’extérieur. Ventilés, munis de portes automatiques, les fumeurs pourront y emmener leur boisson. Mais le personnel n’y entrera pas. Les députés ont également refusé que des automates à boissons ou des Tactilo puissent y être installés. «Il ne faut pas rendre les fumoirs attractifs», a expliqué le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard.

Si peu attractifs, en fait, qu’ils n’ont même pas séduits les cafetiers. Parmi les 2200 établissements du canton, la grande majorité ne pourront pas procéder aux aménagements nécessaires: bien trop chers (entre 15 000 et 60 000 francs). Et encore faut-il que l’établissement ait la place à disposition. Une situation qui génère une différence de traitement difficilement justifiable entre petits et grands établissements.

La question des fumoirs pourrait de toute façon être réglée par Berne. Une initiative fédérale plus restrictive encore vient en effet d’être lancée par les milieux antifumée (www.sansfumee-oui.ch) et rendrait les fumoirs vaudois illégaux. De quoi dissuader tout investissement dans l’intervalle.

Déos plutôt que clopes?
Ces dernières années, la plupart des clubs ont investi dans des ventilations plus performantes et coûteuses, des installations capables de traiter 40 m³ d’air à l’heure. Des frais pour rien? Peut-être pas, selon Thierry Thomas, du Luna. «Les clubs ne seront bientôt plus sponsorisés par les cigarettiers, mais par les marques de déodorants – 300 personnes qui transpirent, sans la fumée pour masquer les odeurs corporelles…»

Le Mad bien seul
Le Darling fut le premier lieu nocturne entièrement non fumeur de Lausanne, puis le premier à disposer d’un fumoir. Mais victime du succès et du manque d’espace, l’ancien enclos à fumeurs sert désormais à entreposer les stocks de boissons. «Nous avons l’avantage d’être situé dans les Galeries St-François, nos clients pourront fumer à l’abri cet hiver. D’autres n’auront pas cette chance», relève Daniel Slicer. «L’idéal serait de pouvoir disposer quelques tables hautes, sans service, et des cendriers devant l’entrée, mais je doute que la ville nous y autorise», regrette le gérant.

Rien de prévu non plus au King Size Pub. Pour un des serveurs, «les fumoirs représentent peut-être davantage une solution pour les clubs». Le Mad, juste en face, est en effet pour l’heure le seul lieu nocturne lausannois à proposer non pas un, mais deux fumoirs, l’un sur la galerie au-dessus de la salle principale, l’autre à la «Zapoff», au dernier étage.

Du côté du rock, l’installation d’un fumoir n’est pas à l’ordre du jour, ni aux Docks – «Nous envisageons éventuellement de faire une demande pour avoir une terrasse», explique Nathalie Koch – ni au Romandie – qui interdisait déjà la fumée pendant les concerts quand il se trouvait encore sur la place de la Riponne. Le Jagger’s avait lui aussi banni la cigarette dès le 1er juillet de l’an passé, anticipant l’interdiction.

Lausanne Cités / 20.08.2009

La gauche défend-elle les casseurs?

lyon_antifas

  • Lors du défilé du 1er Mai, la police est intervenue de manière préventive contre une poignée de jeunes anarchistes.
  • Les élus d’extrême gauche dénoncent la «répression» et en appelle à une manifestation masquée et non autorisée.
  • Le POP désavoue son représentant au gouvernement, la droite critique le jeu trouble des «élus révolutionnaires».

L’an passé, à l’occasion du 1er Mai, la manifestation des «autonomes» avait réuni quelques 200 jeunes anarchistes et s’était soldée par plusieurs vitrines brisées et des dizaines de milliers de francs de dégâts. La police avait procédé à une trentaine d’interpellations, sous une pluie de pierres et de bouteilles. Les «anticapitalistes» avaient promis, par sites internet interposés, de «poursuivre la lutte». Annonçant leur volonté d’en découdre, ils s’étaient joints, cette année, au défilé syndical de la Fête du travail. La police, estimant que les jeunes du «bloc révolutionnaire», dont plusieurs étaient cagoulés, avaient clairement l’intention de perturber la manifestation, a alors opté pour une intervention préventive, en les isolant du cortège pour relever leurs identités. Quatre d’entre eux, connus des services de police, ont été interpellés et une centaine d’œufs remplis de peinture ont été saisis.

Scandalisée, l’extrême gauche politique et associative lausannoise, réunie sous la bannière des «Casseurs et Casseuses de pré-jugés» dénonce depuis la «répression» et les «arrestations au faciès» qui auraient été pratiquées ce jour-là par la police. Ses ténors habituels en appellent à une manifestation contre le «retour du fichage policier», jeudi 9 juin à 18 h la place de la Palud. Une manifestation pour laquelle aucune autorisation n’a été demandée, et dont les participants seront masqués, en signe de protestation contre le projet de loi cantonale interdisant les cagoules et objets dangereux lors des manifestations, un projet accepté par le Grand conseil fin mai et qualifié par le collectif des «Casseurs…» de «délire sécuritaire».

Comme les hooligans
«Le droit de pouvoir manifester de manière anonyme, sans être enregistré, fiché, classé, est une revendication légitime, martèle Alain Hubler, conseiller communal POP. Des employés craignent de se faire licencier pour leurs opinions. Dans un contexte différent mais à peu près similaire, l’UDC propose déjà que les hooligans arrêtés en marge des matches des foot soient dénoncés aux patrons, ou que leurs photos soient publiées sur internet!»

«La surveillance systématique et la criminalisation de ceux qui remettent en cause le système s’intensifie, assure de son côté Jean-Michel Dolivo. Je ne pense pas que casser des vitrines fasse avancer les choses, mais qu’est-ce en comparaison de la casse sociale et écologique qu’entraîne le capitalisme sauvage et la politique des grandes banques? Il faut relativiser.»

Un parallèle parlant, mais qui laisse dubitatif Marc Vuilleumier, très vivement attaqué par son propre camp. «On peut critiquer le système capitaliste, mais je crois que casser pousse au contraire les gens dans le camp opposé à nos idées.» Le municipal de la police assume par ailleurs ses responsabilités dans l’intervention du 1er Mai. «Je ne suis pas du genre à me défiler. J’accepte qu’on me dise que j’ai eu tort, mais vu les informations dont on disposait avant le cortège, le dispositif était adapté.»

Double discours?
La double casquette d’un élu comme Jean-Michel Dolivo, avocat député au Grand conseil, d’une part, et coorganisateur de la manifestation illégale de jeudi, fait grincer des dents à droite. Pour le secrétaire général du PDC lausannois José Martinho, «Il est fort regrettable de constater que ce sont nos élus, dépositaires de la confiance du peuple qui leur a accordé son vote, les premiers à porter atteinte à nos institutions, créant ainsi un grave précédent.» «Il faudrait que ces élus de gauche commencent par quitter leurs vieux réflexes révolutionnaires et leur sympathie pour les manifestants violents s’ils voulaient que l’on ne fasse pas d’amalgame rapide entre casseur et gauchiste» renchérit le député libéral Jacques-André Haury.

Jean-Michel Dolivo, pour sa part, refuse de se justifier et botte en touche. «La question du double discours concerne plutôt le POP, qui condamne aujourd’hui une action policière autorisée par son représentant à l’exécutif…»

«Mystificateurs»
«L’unité de la gauche de la gauche» qu’avait selon le popiste Julien Sansonnens provoquée l’intervention du 1er Mai n’aura pas tenu bien longtemps, d’autant que les «autonomes» eux-mêmes se sont publiquement désolidarisés de la manifestation de jeudi, «organisée par les mystificateurs de la gauche lausannoise», et n’y participeront pas. Sur leur site, le communiqué poursuit: «Nous avons été pris pour cible, non pas pour des faits, mais à cause de nos positions politiques. Parce que nous sommes partisans de la rupture avec l’État et le patronat, parce que nous ne souhaitons pas la paix du travail mais la lutte des classes, parce que nous exprimons haut et fort notre antagonisme». Un surfeur anonyme, sous le pseudonyme de Scipion, résume peut-être le fond du problème en leur rétorquant: «Quand on est tout ça, il faut pas s’étonner d’en prendre plein la gueule, de la part de ceux qui ne sont pas partisans de la rupture avec l’Etat et le patronat, qui souhaitent la paix du travail et pas la lutte des classes et qui vous prennent «antagonistement» au mot quand vous exprimez haut et fort votre antagonisme.»

 

Les faits d’armes des émeutiers à Lausanne

  • 1er juin 2003 – Réunion du G8 à Evian
    Le 1er juin au matin, une manifestation non autorisée tourne à la mise à sac. La station AGIP de l’avenue de Rhodanie, le Garage Alfa Romeo à l’avenue Montchoisi et l’hôtel Royal Savoy en particulier sont saccagés.  Bilan: 7 policiers et 14 manifestants blessés, 322 personnes interpellées, 30 dénonciations et 80 plaintes pénales pour dommages à la propriété.
  • 18 septembre 2007 – Visite de Christophe Blocher au Comptoir Suisse
    A l’issue d’une manifestation anti-UDC, une cinquantaine de casseurs s’attaquent au Palais de Baulieu, brisant vitrines et portes, incendiant les poubelles et fracassant du matériel de chantier pour construire des barricades auxquelles ils mettent le feu. La police, attaquée à coup de bouteilles et de pierres, recoure aux balles en caoutchouc et aux gaz lacrymogènes pour disperser les émeutiers avant qu’ils n’atteignent le centre-ville.
  • 27 mai 2008 – Conférence de Christophe Blocher en gare de Lausanne
    La police intervient en nombre pour repousser environ 200 émeutiers hors de la gare et protéger le McDonald’s. Trois policiers sont blessés,  mais les dégâts se limitent aux guichets CFF ainsi qu’à quelques poubelles et panneaux d’affichages arrachés.

Lausanne Cités / 04.06.2009

La Belle Epoque, c’est bien fini

belleepoque

Encore une vieille enseigne lausannoise qui disparaît: La Belle-Epoque, le cabaret de la rue de Bourg, fermera ses portes ce week-end, avec une ultime soirée electro et burlesque. Le gérant accuse la ville et le canton de «racket légal» et de «harcèlement».

Après le Snob, devenu le club electro La Ruche, et le Tiffany, à la rue de l’Ale, qui devrait également renaître sous forme de discothèque, c’est un des derniers bars à champagne lausannois qui met la clé sous le paillasson. Ouvert il y a plus de vingt-cinq ans, La Belle-Epoque avait connu ses heures fastes dans les années 80. «Il y avait jusqu’à 25 filles, des chiffres d’affaires exorbitants… c’était la belle époque, c’est le cas de le dire», plaisante tristement Patrick Formica, qui a repris l’établissement en novembre 2008.

Les habitudes des noctambules ont changé, leur pouvoir d’achat peut-être aussi. Mais surtout, selon Patrick Formica, l’Etat n’en finit plus de serrer la vis et d’étouffer les établissements nocturnes sous les taxes et les contraintes légales.

«Nous devons tout d’abord reverser 5,2% de la TVA, plus 3% de notre chiffre d’affaire à titre de taxe sur le divertissement, quelque chose qui n’existe pas dans les autres cantons. Les autorisations pour ouverture tardive, de 4 à 5h du matin, coûtent 70 francs de l’heure, soit jusqu’à 2100 francs par mois. Pour la patente – que des cantons comme Bâle ou Zurich ont supprimé – on nous ponctionne pas loin de 4000 francs de taxes annuelles diverses. S’y ajoute encore la taxe pour le City Management… faites vous-même le calcul: nous travaillons pour l’Etat», s’emporte Patrick Formica, qui doute par ailleurs de l’efficacité du salaire minimum imposé de 4250 francs pour les employées de cabaret, censé décourager la prostitution. «Ca ne change strictement rien. Même avec ce salaire assuré, les filles continuent de faire leur travail par derrière. Et les salons de massage, qui se multiplient, nous font de la concurrence déloyale!»

Nouvelle législation
Le canton de Vaud veut-il la peau de ses cabarets? Le directeur de la police du commerce, Marc Tille, réfute toute intention de «moraliser» les nuits lausannoises. «En ce qui concerne les charges, depuis l’introduction de la nouvelle loi sur les auberges et les débits de boisson (LADB), en 2003, nous sommes au contraire passé d’un impôt pour la patente à un système d’émoluments, plus avantageux. Mais la législation a évolué. Depuis le 1er septembre 2004, le canton a une Loi sur la prostitution. Certains établissements ont dû choisir entre être un night-club, au sens de la LADB, ou être un salon, au sens de la Loi sur la prostitution. Ils ont à peu près tous choisi de rester des night-clubs. Soit – mais cela implique qu’il ne devrait plus y avoir ni prostitution, ni racolage dans ces lieux. Ca n’est qu’un souci de clarté.»

Ultime soirée electro
Ce samedi, «Les DJs romands rendent hommage à la Belle Epoque» – le cabaret accueillera pas moins d’une douzaine de DJs reconnus, dont Mandrax, Kate Wax ou Digital Natives, pour une ultime soirée exceptionnelle et electro. Animation par les drag-queens «Les Grandes Zazas», shows burlesques, stripteases, spectacles, boissons à prix non majorés… Plus d’info sur Facebook.

Lausanne-Cités / 23.04.09