J’ai tout plaqué pour les Philippines

Article paru dans le n°33 du magazine Le Chou Brave, aout 2020.

En 2016, j’ai choisi de quitter définitivement la Suisse pour refaire ma vie sous les cocotiers. Mais rien ne s’est passe comme prévu…

Il est 9h30. L’heure d’un jus de calamansi (petits citrons verts locaux) sur le patio de la pension ou je loue un bungalow au mois pour le prix d’un jeu vidéo. Une pluie chaude tombe sur les palmiers, bananiers et palétuviers. Les oiseaux chantent quand même. Au loin, des coqs. Mon chien s’étire et vient me lécher la main. Plus tard, le soleil déchirera les nuages et la température dépassera les 30°C, comme tous les jours. Je suis à Puerto Princesa, capitale de Palawan, l’ile la plus à l’Ouest des Philippines. J’ai choisi de vivre ici, depuis trois ans. Je possède un food truck, stationné en bord de mer, à Port Barton, 150 km d’ici. Et je ne sais pas ce que je vais bien pouvoir en faire.

Dès le début de la pandémie, il y a cinq mois déjà, Palawan s’est coupée du monde. Tous les vols ont été supprimés, les lieux publics fermés, les routes barrées par des checkpoints tenus par l’armée. Tout s’est arrêté d’un coup, au début de la saison touristique, qui s’étend normalement de décembre à mai. Du jour au lendemain, à contrecœur, j’ai dû plier les parasols et boucler mon food truck, renvoyer mon équipe, me cloitrer à domicile avec un stock de nourriture et attendre un long mois avant d’être autorisé à ressortir, une heure par jour au début, masque sur le museau et autorisation officielle bien en vue, sous l’œil sourcilleux des volontaires locaux dont certains appréciaient un peu trop cette soudaine position d’autorité.

Port Barton, village de pêcheurs entre jungle et Mer de Chine, devenu depuis quelques années la seconde destination touristique de l’ile de Palawan, particulièrement prisée des backpackers pour son atmosphère détendue et conviviale, était devenue un village fantôme et poussiéreux. Même les chiens errants avaient presque tous disparus, morts de faim probablement. Çà et là, on croisait quelques touristes perdus, ayant choisi de s’échouer ici plutôt que de retourner dans leurs pays, ou la situation sanitaire était bien plus grave.

Car Palawan a jusqu’ici échappé presque entièrement au coronavirus qui continue de ravager les Philippines. Mais à quel prix… Pour une économie dont le développement dépendait en grande partie du tourisme, les conséquences sont déjà catastrophiques et l’avenir plus qu’incertain. Parmi la petite communauté expatriée qui faisait vivre et croitre Port Barton, certains espèrent encore pouvoir tenir d’une manière ou d’une autre, survivre – six mois, un an, deux peut-etre, jusqu’à un retour hypothétique et progressif, au mieux, de la manne touristique. D’autres, moins fortunés, cherchent à vendre. C’est mon cas. Comment en suis-je arrivé là ?

Rien à perdre

Je me souviens très bien de cet autre matin, en Suisse, ou j’ai finalement décidé de tout plaquer et de tenter le tout pour le tout. Il faisait beaucoup plus frais. Je m’étais mis moi-même dans une situation financièrement inextricable. Plusieurs changements professionnels successifs et un passage en indépendant m’avaient laissé avec une dette d’impôts impossible à éponger. Mon job à ce stade n’était plus qu’alimentaire, au sens propre : mon salaire suffisait à peine à couvrir les arriérés fiscaux (mais pas les impôts courants…) et après avoir payé les diverses charges, notoirement élevées en Suisse, il me restait juste assez pour remplir le frigo. Aucune amélioration à espérer, au contraire, un trou qui se creusait d’année en année. Heureusement, célibataire sans enfant, je n’étais, par choix, responsable depuis toujours que de moi-même. Mais était-ce vraiment comme cela que je voulais vivre ? Combien de temps encore allais-je pouvoir tenir ? Et qu’est-ce que j’avais à perdre ?

Ce matin-là, j’ai finalement décidé de donner ma démission et de quitter définitivement la Suisse et l’Europe en perdition. Je savais évidemment que je venais de prendre une des plus importantes décisions de ma vie – pour le meilleur ou pour le pire ? L’avenir le dirait.

Trois ans plus tard, la question reste ouverte. J’ai vécu bien plus intensément que si j’étais reste piégé dans la grisaille helvétique, connu des sommets de bonheur et des abimes d’angoisses, vu des merveilles et quelques horreurs, perdu autant d’argent que d’illusions, gagne des amis et beaucoup d’expérience. Conjuguer une expatriation et une reconversion n’est évidemment pas une sinécure. Sans aucune expérience de la restauration, des métiers de l’hospitalité ou du tourisme, et pas davantage des Philippines, des lois et règlements de ce pays, de ses habitants et de leurs mentalités… il était à peu près certain et inévitable que j’allais me planter. Et ça n’a pas manqué – mon premier essai, un restaurant en association avec un Philippin, fut un échec cuisant et couteux, mais instructif. Mes derniers sous ont servi à acheter un vieux jeepney, une sorte de minibus typique (les premiers furent fabriqués dans les années 50 à partir de jeeps militaires américaines recyclées, dont ils ont conservé le nom et la silhouette) et à le transformer en food truck. J’allais vendre des crêpes, des sandwiches grilles, des fruitshakes et des smoothies. Ça pouvait marcher.

Un rêve réalisé

Et ça a marché. La première saison fut un succès. Un emplacement idéal sur la plage de Port Barton. Des moments inoubliables. Le sentiment d’y être enfin arrivé, d’avoir concrétisé ce rêve, d’avoir fait réalité cette image de bar sous les cocotiers, jus de fruits et vahinés, que je fantasmais depuis si longtemps. J’étais heureux.

Et puis est arrivé la fin de la saison. Une tentative de transfert en ville, a Puerto Princesa, avec l’idée d’y séduire pendant six mois la clientèle locale, pas franchement couronnée de succès. Forte concurrence, nécessité de maintenir des prix aussi bas que possible, et surtout désintérêt des Philippins provinciaux pour tout ce qui n’est pas nourriture locale (riz) ou américaine (burgers)… Et toujours ces administrations kafkaïennes (mais version tropicale : avec le sourire en plus), ces règlements absurdes appliqués, ou pas, de manière aléatoire, ce flou incompréhensible et ces complications infinies. Un mois de démarches pour obtenir une prestation aussi basique en apparence qu’un raccordement électrique en plein centre-ville (j’ai fini par abandonner celui au réseau d’eau, de guerre lasse)… Et puis le Covid-19 qui a tout balayé.

Je ne suis pas venu ici par hasard. Les Philippines en général, et Palawan en particulier, sont d’une beauté à couper le souffle. Le potentiel touristique est immense. Avec près de 7000 iles et ilots, aucun pays au monde ne peut rivaliser en kilomètres de plages immaculées avec l’archipel philippin. Mais (surprise, surprise) derrière la carte postale ensoleillée, la réalité est plus complexe. Ce pays, profondément dysfonctionnel, est vraiment une étrange affaire.

Le paradoxe philippin

A l’origine, il n’y avait qu’un patchwork de tribus insulaires de pêcheurs-cueilleurs, dispersées et isolées les unes des autres (les Philippines comptent encore à ce jour 150 langues et dialectes), qui passeront progressivement à partir de l’an 1000 sous influence malaisienne et musulmane. Les Espagnols débarquent vers 1500, annexent l’archipel à leur empire colonial et imposent un catholicisme pur et dur mais n’arriveront jamais à soumettre l’extrême Sud, qui reste à ce jour musulman, séparatiste et pose une menace terroriste latente (voir le siege de Marawi, en 2017). L’Eglise et les ordres religieux tiendront le pays d’une main de fer pendant plus de trois siècles, et les Philippines représentent aujourd’hui la troisième plus importante population catholique au monde, derrière le Brésil et le Mexique. Toute idée de contrôle des naissances y reste sacrilège, la natalité est galopante, les écolières de province tombent souvent enceintes avant d’atteindre le collège. Les quelques familles ayant racheté les immenses biens fonciers et immobiliers de l’Eglise il y a 200 ans tiennent toujours le pays.

A la fin du XIXe, les Philippins se soulèvent et réclament leur indépendance, avec le soutien des Etats-Unis…  qui rachètent a l’issue de la guerre l’archipel a l’Espagne et s’imposent en tant que nouveaux maitres, matent les indépendantistes dans le sang, massacrent 15% de la population dont toute l’élite hispanophone, et imposent l’anglais et la culture US, fast food, basketball et concours de beauté. A la fin de la Seconde guerre mondiale, la Manille espagnole a disparu sous les bombes américaines mais les Philippines obtiennent enfin leur indépendance. Rien ne change en réalité – 80% des membres du Congrès philippin sont issus de dynasties ou l’on est politicien de père en fils (ou en fille) depuis un siècle. A tous les échelons, de la présidence au gouvernement de province jusqu’ au plus petit barangay (village ou quartier), le pouvoir est une affaire héréditaire et la corruption, un système.

Le résultat de tout cela, c’est ce pays hybride où l’on a parfois l’impression d’être plus proche de Cuba que de la Chine. Un implant latino-américain au cœur du Sud-Est asiatique. Un pays où tout le monde parle anglais, ce qui facilite les choses en théorie, mais où rien ne fonctionne en pratique, peu importe le langage. Une culture anéantie puis reconstruite de bric et de broc par la colonisation, et pour cette raison probablement la plus ouverte d’Asie envers les occidentaux. Un pays qui m’a permis de réaliser mes rêves et ou j’ai tout perdu, un pays magnifique, chaleureux et hospitalier que je déteste parfois mais que j’aime aussi, et que je ne quitterai pas, malgré tout.

Il est 20h, l’heure du couvre-feu depuis le debut de cette interminable quarantaine. Les sirènes mugissent brièvement. Demain est un autre jour. Il fera beau et chaud, comme tous les jours, et les Philippins garderont le sourire.

Journal de quarantaine: confinement et desinfection

Desinfection de la plage.

Jour 8 – et j’en ai deja marre. Seul point positif, ayant ressorti mon routeur wifi j’ai enfin acces a Messenger – mais c’est tout. Messenger est gratuit et le plus souvent accessible ici, tout comme Whatsapp et evidemment Facebook. Rien d’autre ne passe. Mais au moins je peux communiquer avec mes co-detenus.

Depuis quelques jours, on sait officiellement que le virus est parmi nous. Un touriste australien de 23 a ete confirme positif. La gestion du cas a ete, comme on pouvait s’y attendre, magistrale de rigueur et d’efficacite. Le type a ete severement malade trois jours durant dans sa chambre d’hotel de Port Barton, avec tous les symptomes (fievre, toux, diarrhee). Transporte a l’hopital de Puerto, celui-ci a envoye les prelevements a Manille pour analyse… et laisse partir le type dans l’intervalle. Celui-ci a pris un hotel et s’est balade librement pendant deux jours avant de prendre l’avion et de rentrer chez lui via Angeles, tranquillou. Trois jours plus tard, les resultats sont arrives.

Heureusement, apres ce fiasco, les autorites competentes ont su prendre la seule decision qui s’imposait: desinfecter le sable de la plage de Port Barton Je ne plaisante pas. Ils ont fait asperger le sable de la plage par des Ghostbusters. Peu importe que le virus ne survive que quelques heures a l’air libre, il s’agit d’etre proactif et de justifier l’envoi de ces equipements par Manille. On se sent tout de suite rassure, notre sante est en de bonnes mains. Esperons qu’ils ont pense a donner un coup de spray sur l’ocean aussi, a defaut de pouvoir changer l’eau tous les deux jours.

Les Philippines sont deja en temps normal un pays profondement chaotique, fragmente, desorganise, ou les choses fonctionnent a peu pres, tout juste, ou pas du tout. Ou rien ne semble vraiment avoir de sens. En temps normal, on s’en accomode. Avec les evenements a venir, on ne peut que craindre que les choses atteignent tres vite un niveau de bordel, d’inefficacite et d’absurdite effrayant.

Journal de quarantaine: State of Calamity

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Le President Duterte a declare l’”Etat de calamite” pour l’ensemble des Philippines et pour six mois. Ce plan est prevu pour etre declenche localement pour les tremblements de terre ou les eruptions volcaniques, jamais a cette echelle. Je ne sais pas ce qu’il implique exactement, mais ca semble signifier qu’on fonce vers une grosse catastrophe sanitaire, et peut-etre a terme la Loi martiale ou a peu pres.

Ce virus etant maintenant global, il ne va pas disparaitre. Les mesures de confinement, les fermetures, tout ca ne fait au mieux qu’inflechir un peu la courbe des infections pour reduire la pression sur les hopitaux (en pensee avec les infirmieres et infirmiers de partout qui vont etre les poilus dans les tranchees de cette sale guerre). Je ne suis pas virologue mais je ne crois pas que cette courbe va redescendre avant un mois, donc tres probablement les mesures vont etre prolongees, le controle des citoyens renforce (via des lois liberticides “exceptionnelles” qui evidemment resteront en place indefiniment). Et a supposer que dans 3-4 mois ou plus la courbe commence effectivement a redescendre – des que les mesures seront relachees elle repartira inevitablement a la hausse. Jusqu’a ce qu’une majorite de la population mondiale ait ete infectee et ait developpe une immunite (ou qu’on trouve un vaccin). C’est la seule issue possible il me semble. Ca signifie des centaines de millions de morts, inevitablement. J’espere me tromper.

En toute honnetete, je ne sais que faire. Rentrer tant que je le peux? Mais rentrer vers quoi? Qu’est-ce que je pourrais faire en Suisse maintenant? Peut-etre juste tenter de subsister dans un pays civilise (encore que…)

Rester ici? Mais combien de temps? Et comment survivre, en attendant quoi? Le retour a la normale, le retour des touristes? En 2022, peut-etre? Et pendant deux ans, manger des bananes et pecher? Il va de soi que si le pire devait arriver et que l’un de mes parents tombait malade je rentrerais tout de suite – mais si c’est impossible, si tous les vols sont suspendus?

Et meme une fois que tout cela sera termine, combien de compagnies aeriennes auront survecu? La libre concurrence, les vols bon marche, le tourisme global, tout cela est probablement termine. On assiste a la fin d’un monde… ma situation est certes anxiogene, mais elle l’est ou le sera bientot sans doute pour (presque) tout le monde. Et au moins je suis ou j’ai choisi d’etre.

Are Chinese the Jews of Asia?

The five wealthiest business moguls of the Philippines
Any listing of the country’s wealthiest men and women will show almost exclusively Chinese last names. Chinese-Filipinos form both an ethnic community and a separate economic class.

To say that China is a growing concern in the Philippines is an understatement.

Let’s start with the sovereignty dispute over the West Philippines Sea / South China Sea. That whole area, of the highest economical and strategical value, has been recognized by a decision of the United Nations’ Permanent Court of Arbitration as belonging to the Philippines, but China couldn’t care less and has stealthily militarized several atoll and is using its militia, disguised as fishermen, to keep actual Filipino fishermen out by any means necessary, including harpooning their boats and sinking them.

The balance of power is so overwhelmingly unfavorable to the Philippines that the Duterte administration has been accused of defeatism and of collaborationism by Philippine nationalists – a situation reminding me of my native Switzerland, where the government has been increasingly bending over backwards to abide to every new requirement and threat coming from the European Union rulers.

Then there are the colossal Chinese investments in the Philippines, both from private companies and from State agencies (essentially one and the same): billions and billions in loans and infrastructures that will never possibly be paid back and whose interests could forever submit the Philippines to China’s grip, effectively undermining the country independence and siphoning its wealth away.

I should mention also the estimated 150,000 illegal Chinese workers in the Philippines, most notably in the oversea online gambling business, which is extremely popular but illegal in China. These weren’t very popular even before the coronavirus pandemic outbreak, which obviously didn’t help.

And last but not least, there is the Chinese Filipinos problem.

The definition of Chinese Filipinos according to Wikipedia seems somewhat blurry. Strictly speaking, only 2% of Philippine nationals have one Chinese parent, but as much as one out of four have more distant Chinese ancestry. Descendants of Chinese who migrated during the 19th Century onward through intermarriage still retains much of Chinese culture, customs, and work ethics, and are nowadays in complete control of about 70% of the Philippines’ economy, owning own all the largest shopping malls, supermarkets, hotels and fast food chains, in addition to every major bank, media, construction and real estate company.

Any listing of the country’s wealthiest men and women will show almost exclusively Chinese last names. Chinese-Filipinos form both an ethnic community and a separate economic class, the wealthy commercial elite dominating the poorer Filipino working and underclass. Most posh, walled-off enclaves in major cities are populated in majority by ethnic Chinese.

“Chinoys” moguls often create joint ventures with mainland Chinese companies and are accused of  reinvesting in China most of what they make in the Philippines, contributing to a money hemorrhage. And in the current context of increasing military tension with China, the loyalty of Chinese-Filipinos is very much questioned, as they are more and more seen as infiltrators and double agents, working for the enemy from the inside.

Unsurprizingly, this reality is nurturing a strong feeling of resentment and exploitation among indigenous Filipinos.

Doesn’t this all seem uncomfortably familiar? Though on a different scale, European Jews have had to face essentially the same accusations and suspicion for centuries, and are nowadays unquestionably over-represented among the wealthy and the powerful. On the other hand, Israel’s total lack of concern over UN resolutions and international laws, and its colonizing of occupied territories could be seen as somewhat similar to the attitude of China. Now if we imagine Israel having not 8 millions, but 1,5 billion citizens… that is the situation that the whole South-East Asia (and, to a lesser extent, the whole world) is facing.

Different, but same-same

En passant

After I read this article’s conclusion, listing the main problems plaguing Philippines politics right now, I thought of the situation in Switzerland. Radically different for sure (we don’t have extrajudicial killings), yet feeling just as gloomy. The Swiss list could go something like this:

The seething resentment of the poor over the booming price of healthcare, the simmering anger over the administration blind obeisance to the EU, the anguish over the continuous flood of illegal African migrants, the betrayal engendered by the government and the courts refusal to apply democratic decisions, the growing fury created by the totalitarian racket of traffic laws, and the gloom caused by the pension funds coming bankruptcy.

Different continents, same dark clouds.

The Ati-atihan Festival in Port Barton

 
The Ati-Atihan Festival, held annually in January in honor of the Santo Niño (Infant Jesus), originated in the island of Panay, Philippines. The name Ati-Atihan means “to be like Atis” or “to make believe Atis”, the local name for the Aeta aborigines who first settled in several parts of the archipelago. It was originally an animist festival, but Spanish missionaries gradually added a Christian meaning. Today, the Ati-Atihan celebrates the religious conversion of the Atis to catholicism.
 
Kapares Restaurant sponsored the “tribu” that won the dancing competition of the last edition.