Isolation et desinfection

Jour 8 de quarantaine et j’en ai deja marre. Seul point positif, ayant ressorti mon routeur wifi j’ai enfin acces a Messenger depuis chez moi – mais c’est tout. Messenger est gratuit et le plus souvent accessible ici, tout comme Whatsapp . Pour tout le reste, rien ne passe. Mais au moins je peux communiquer avec mes co-detenus

Depuis quelques jours, on sait officiellement que le virus est parmi nous. Un touriste australien de 23 a ete confirme positif. La gestion du cas a ete, comme on pouvait s’y attendre, magistrale de rigueur et d’efficacite. Le type a ete severement malade trois jours durant dans sa chambre d’hotel, ici a Port Barton, avec tous les symptomes (fievre, toux, diarrhee). Il a ete emmene a l’hopital de Puerto, qui a envoye les prelevements a Manille pour analyse… et laisse partir le type dans l’intervalle. Celui-ci a pris un hotel et s’est balade librement a Puerto pendant deux jours avant de prendre l’avion et de rentrer chez lui, tranquillou. Trois jours plus tard, les resultats sont arrives.

Heureusement, apres ce fiasco, les autorites competentes ont su prendre la seule decision qui s’imposait: desinfecter le sable de la plage de Port Barton Je ne plaisante pas. Ils ont fait asperger le sable de la plage par des Ghostbusters. Peu importe que le virus ne survive que quelques heures a l’air libre, il s’agit d’etre proactif et de justifier l’envoi de ces equipements par Manille. On se sent tout de suite rassure, notre sante est en de bonnes mains. J’espere toutefois qu’ils ont pense a donner un coup de spray sur l’ocean aussi, on ne sait jamais.

Les Philippines sont deja en temps normal un pays profondement chaotique, fragmente, desorganise, ou les choses fonctionnent a peu pres, tout juste, ou pas du tout. Ou rien ne semble vraiment avoir de sens. En temps normal, on s’en accomode. Avec les evenements a venir, on ne peut que craindre que les choses atteignent tres vite un niveau de bordel, d’inefficacite et d’absurdite effrayant.

State of Calamity

Duterte a declare l’”Etat de calamite” pour l’ensemble des Philippines et pour six mois. Ce plan est prevu pour etre declenche localement pour les tremblements de terre ou les eruptions volcaniques, jamais a cette echelle. Je ne sais pas ce qu’il implique exactement, mais ca semble signifier qu’on fonce vers une grosse catastrophe sanitaire inevitable, et probablement la Loi martiale ou a peu pres.

Ce virus etant maintenant global, il ne va pas disparaitre. Les mesures de confinement, les fermetures, tout ca ne fait au mieux qu’inflechir un peu la courbe des infections pour reduire la pression sur les hopitaux (en pensee avec les infirmieres et infirmiers de partout qui vont etre les poilus dans les tranchees de cette sale guerre). Je ne suis pas virologue mais je ne crois pas que cette courbe va redescendre avant un mois, donc tres probablement les mesures vont etre prolongees, le controle des citoyens renforce (via des lois liberticides “exceptionnelles” qui evidemment resteront en place indefiniment). Et a supposer que dans 3-4 mois ou plus la courbe commence effectivement a redescendre – des que les mesures seront relachees elle repartira inevitablement a la hausse. Jusqu’a ce qu’une majorite de la population mondiale ait ete infectee et ait developpe une immunite (ou qu’on trouve un vaccin). C’est la seule issue possible il me semble. Ca signifie des centaines de millions de morts, inevitablement. J’espere me tromper.

En toute honnetete, je ne sais que faire. Rentrer tant que je le peux? Mais rentrer vers quoi? Qu’est-ce que je pourrais faire en Suisse maintenant? Mais au moins je tenterais de subsister dans un pays civilise (encore que…)

Rester ici? Mais combien de temps? Et comment survivre, en attendant quoi? Le retour a la normale, le retour des touristes? En 2022, peut-etre? Et pendant deux ans, manger des bananes et pecher? Il va de soi que si le pire devait arriver et que l’un de mes parents tombait malade je rentrerais tout de suite – mais si c’est impossible, si tous les vols sont suspendus?

Et meme une fois que tout cela sera termine, combien de compagnies aeriennes auront survecu? La libre concurrence, les vols bon marche, le tourisme global, tout cela est probablement termine. On assiste a la fin d’un monde… ma situation est certes anxiogene, mais elle l’est ou le sera bientot sans doute pour (presque) tout le monde. Et au moins je suis ou j’ai choisi d’etre.

Philippines Lockdown Blues

On vit des temps extremement etrange… Palawan en general et Port Barton en particulier sont verrouilles pour un mois au minimum. Il n’y a plus de vols entre Palawan et Metro Manila / Ninoy Aquino Airport, j’ignore s’il y en a encore pour les autres aeroports desservis, Cebu et Angeles, et s’ils sont ouverts aux etrangers. Il n’y a plus ni bus ni vans qui circulent sur les routes. Les touristes qui n’ont pas reussi a partir sont coinces ici avec nous. Il est preferable de ne plus se déplacer – avant-hier j’ai pu encore pu me rendre a la ville la plus proche pour ramener des provisions, mais des Israeliens, venus de la station balneaire d’El Nido qui a ordonne le depart des non-residents, etaient bloques au barrage militaire qui controle l’acces a Port Barton. Comme d’hab’ aux Philippines c’est brutal mais pour une fois cela parait presque sense (probablement par accident), si l’idee est de ramener tous les profils consideres a risque sur Puerto Princesa ou sont regroupes ce qui tient lieu d’hopitaux – meme s’il vaut clairement mieux ne pas en dependre vu l’etat des infrastructures et l’absence d’equipements.

Pour l’instant il n’y a officiellement aucun cas confirme sur Palawan. J’insiste sur officiellement. Au vu de la severite des mesures en cours tout le monde s’accorde a penser qu’ils mentent. Il faut dire aussi que chaque test doit etre envoye a Manille pour analyse et il y a deja eu plusieurs cas ou les patients sont decedes bien avant d’avoir obtenu les resultats. Je ne connais pas le nombre exact de cas “en attente de confirmation” a ce jour sur Palawan, mais c’etait deja plusieurs dizaines il y a deux jours, donc on a probablement passe la centaine, et ce ne sont evidemment que les cas hospitalisés, dans un pays ou les pauvres meurent souvent chez eux.

La situation change tous les jours. Depuis hier nous sommes en quarantaine, supposes rester a la maison. Couvre-feu de 20h a 6h. Le detachement de Marines lourdement armes qui a debarque il y a quelques jours patrouille et controle les allees et venues. Hier matin j’ai pu aller au Jeepney prendre des provisions, aujourd’hui on verra s’ils me laissent passer. L’ambiance est lourde, etrange. Les restaurants n’ont le droit que de vendre des plats a l’emporter. Vu les resultats en chute libre de la derniere semaine j’ai pour ma part prefere réduire les couts et fermer.

Difficile de faire des plans d’avenir evidemment. Combien de temps avant que la situation revienne a peu pres a la normale, quelles consequences a moyen terme sur l’economie occidentale et le tourisme, comment survivre huit longs mois en attendant une tres hypothetique prochaine saison… je n’en sais rien.\

Pour l’instant ma situation est aussi bonne que possible – entre mes courses d’hier et les stocks du jeepney j’ai assez de nourriture pour tenir au moins deux a trois semaines je pense, assez de sous aussi pour voir venir deux ou trois mois. J’ai des amis sur qui je peux compter en cas de besoin et l’heure est a l’entraide. Je me sens bien et n’ai pour l’instant aucun symptome alarmant. Ma maison est la plus chouette que j’aie habitee depuis deux ans, sur une colline au milieu d’un grand jardin avec une vue magnifique sur la jungle et la mer. J’ai obtenu sans peine une reduction de moitie du loyer, a P5000 / CHF100 par mois. Le seul souci est l’absence totale de signal, qui m’oblige a en descendre et a prendre ma moto si je veux me connecter au monde ou meme telephoner, mais tant que je ne suis pas malade, ca va. J’ai un chien qui me suit comme mon ombre et une chatte qui dort avec moi, donc aujourd’hui, tout va bien. Demain…. c’est une autre histoire.

Chinese are the Jews of Asia

The five wealthiest business moguls of the Philippines
Any listing of the country’s wealthiest men and women will show almost exclusively Chinese last names. Chinese-Filipinos form both an ethnic community and a separate economic class, the wealthy commercial elite dominating the poorer Filipino working and underclass.

To say that China is a growing concern in the Philippines is an understatement.

First, there is the sovereignty dispute over the West Philippines Sea / South China Sea. That whole area, of the highest economical and strategical value, has been recognized by a decision of the United Nations’ Permanent Court of Arbitration as belonging to the Philippines, but China couldn’t care less and has stealthily militarized several atoll and is using its militia, disguised as fishermen, to keep actual Filipino fishermen out by any means necessary, including harpooning their boats and sinking them.

The balance of power is so overwhelmingly unfavorable to the Philippines that the Duterte administration has been accused of defeatism and of collaborationism by Philippine nationalists (a situation reminding me of my native Switzerland, where the government has been increasingly bending over backwards to abide to every new requirement and threat coming from the European Union rulers).

Then there are the colossal Chinese investments in the Philippines, both from private companies and from State agencies (which might be essentially one and the same): billions and billions in loans and infrastructures that will never possibly be paid back and whose interests could forever submit the Philippines to China’s grip, effectively undermining the country independency and siphoning its wealth away.

There is an estimated 150,000 illegal Chinese workers in the Philippines, notably in the online gambling business, which is extremely popular but illegal in China. These weren’t very popular even before the coronavirus pandemic outbreak.

And last but not least, there is the Chinese Filipinos problem.

The definition of Chinese Filipinos according to Wikipedia seems somewhat blurry. Strictly speaking, only 2% of Philippine nationals have one ethnically Chinese parent, but about one out of four have more distant Chinese ancestry. The first group, descendants of Chinese who migrated during the 19th Century onward, through intermarriage still retains much of Chinese culture, customs, and work ethics, and is nowadays in complete control of about 70% of the Philippines’ economy, owning own all the largest shopping malls, supermarkets, hotels and fast food chains, in addition to every major bank, media, construction and real estate company.

Any listing of the country’s wealthiest men and women will show almost exclusively Chinese last names. Chinese-Filipinos form both an ethnic community and a separate economic class, the wealthy commercial elite dominating the poorer Filipino working and underclass. Most posh, walled-off enclaves in major cities are populated by ethnic Chinese.

“Chinoys” moguls often create joint ventures with mailand Chinese companies and are accused of  reinvesting in China most of what they make in the Philippines, contributing to a money hemorrhage. And in the current context of increasing military tension with China, the loyalty of Chinese-Filipinos is very much questioned, as they are more and more seen as infiltrators and double agents, working for the enemy from the inside.

Unsurprizingly, this reality is nurturing a strong feeling of resentment and exploitation among indigenous Filipinos.

Doesn’t this all seem uncomfortably familiar? Though on a different scale, European Jews have been accused of essentially the same behaviour for centuries, and are nowadays  decidedly overrepresented among the wealthy and powerful Western elite. On the other hand, Israel’s total lack of concern over UN resolutions and international laws, and its colonizing of occupied territories is somewhat similar to the attitude of China. Now only imagine of Israel had not 8 millions, but 1,5 billion citizens… that is the situation that South-East Asia is facing.

Different, but same-same

En passant

After I read this article’s conclusion, listing the main problems plaguing Philippines politics right now, I thought of the situation in Switzerland. Radically different for sure (we don’t have extrajudicial killings), yet feeling just as gloomy. The Swiss list could go something like this:

The seething resentment of the poor over the booming price of healthcare, the simmering anger over the administration blind obeisance to the EU, the anguish over the continuous flood of illegal African migrants, the betrayal engendered by the government and the courts refusal to apply democratic decisions, the growing fury created by the totalitarian racket of traffic laws, and the gloom caused by the pension funds coming bankruptcy.

Different continents, same dark clouds.

The Ati-atihan Festival in Port Barton

 
The Ati-Atihan Festival, held annually in January in honor of the Santo Niño (Infant Jesus), originated in the island of Panay, Philippines. The name Ati-Atihan means “to be like Atis” or “to make believe Atis”, the local name for the Aeta aborigines who first settled in several parts of the archipelago. It was originally an animist festival, but Spanish missionaries gradually added a Christian meaning. Today, the Ati-Atihan celebrates the religious conversion of the Atis to catholicism.
 
Kapares Restaurant sponsored the “tribu” that won the dancing competition of the last edition.

In the Philippines, Facebook IS internet

Internet neutrality is slowly disappearing everywhere, but in the Philippines it is already dead and gone, it probably never even existed. There are only two telecom companies, Globe and Smart, resulting in a bad duopoly situation. For no reason, I am with Globe, but I am pretty sure Smart is just as bad. In Port Barton, coverage is so poor it is impossible to go online for most of day time – except, strangely, Facebook. Facebook is nearly always accessible. Basically, Facebook IS internet for Filipinos in rural areas, that is all there is to see online. Why? The only explanation I can come up with: Facebook has secured a priority deal with the telecom duopoly, that enables it to be the only site millions of Filipinos can see on their phones every day. Also, when you buy a “load” (ie, buy data for surfing and/or phone credit – in a place like Port Barton, where there are no landlines, prepayment is universal, I have never met anyone having a phone subscribtion), you are sometimes offered a “freebie” of 1 extra GB – but only with a very limited choice what you can use this data for: it’s either Facebook, Instagram, Youtube, Twitter, Viber, or some games like Pokemon. Choose one and that’s it. Freedom of choice? No, that one is not available, sorry.

I wrote this about 2 months ago for my blog, but never finished and published it. Today I stumble upon this interesting (though very biased) article, that confirms and explains what I had noted. Wether President Duterte can, or can’t, be considered a “dictator” is another matter entirely, but let’s say that even though I think it excessive to say the least, since I am no longer in Port Barton and therefore have daily access to newspapers and wikipedia, my own views have naturally become more nuanced – which kind of proves the article’s main point.