Retirer son 2e Pilier en cas de départ définitif de la Suisse

This week’s update will not be about my progress in the Philippines or the lack of it, but about the requirements and process to obtain your 2e Pilier savings when leaving Switzerland. This topic being of interest to Swiss citizens only, this update will exceptionally be in French, also because there are too many Swiss administrative terms (offices des poursuites? controle des habitants?) that I wouldn’t know how to translate.

La procédure pour retirer son 2e Pilier en cas de départ définitif de la Suisse est à la fois relativement simple et assez compliquée. Simple parce que c’est un droit (plus pour longtemps sans doute) et que les documents à fournir au final sont peu nombreux, et compliquée parce qu’il est nécessaire de bien s’organiser à l’avance, de se renseigner et de ne rien négliger pour que chaque étape se passe sans problème.

Nota bene: la procédure qui suit et en particulier les documents exigés concernent le canton de Neuchatel, qui semble etre l’un des plus maximalistes et tatillons en la matière.

  1. Faire transférer son 2e Pilier

La première chose à faire, si vous êtes employé, est probablement de donner votre démission. Parallèlement, ouvrir un compte dans une institution de libre-passage. Pour des raisons fiscales, choisir une caisse ayant son siège dans le canton de Schwyz. Quand la caisse versera le montant sur votre compte a l’étranger, l’impôt sera nettement moins élevé que dans n’importe quel canton romand. Pour ma part j’ai choisi Liberty et ne peut que recommander leurs services.

Une fois le compte de libre-passage ouvert, demander au responsable du fond 2e Pilier de votre employeur d’y transférer votre avoir (sans mentionner votre intention de quitter le pays).

  1. Déclarer son départ

Se rendre au guichet du contrôle des habitants de la commune de domicile pour signaler votre départ définitif, environ un mois à l’avance (se renseigner pour ces délais, qui peuvent varier d’un canton a l’autre). Il vous sera peut-être demandé de montrer une preuve de départ, par exemple une réservation de vol. Il vous sera délivre une attestation. Avec celle-ci, dans la plupart des cantons vous devrez vous rendre le jour même au guichet du service des contributions et demander une taxation provisoire pour l’année en cours. Son calcul peut prendre entre deux et cinq jours.

  1. Régler ses impôts courants

Si votre canton l’exige, il faut obligatoirement payer ce montant d’impôt, idéalement cash au guichet, ce qui peut être tres problématique. Toutefois, il est aussi possible de demander, via le formulaire ad hoc, que ce montant soit déduit de votre 2e Pilier au moment du transfert sur votre compte à l’étranger. D’autre part, merveille du fédéralisme, seuls les impôts dus pour l’année en cours dans le dernier canton de domicile sont pris en considération. Imaginons par exemple un Monsieur Z qui n’aurait pas encore payé ses impôts 2017. Le 1er janvier 2018, Monsieur Z transfere (officiellement – un passage au contrôle des habitants et un nom sur une boite à lettres suffisent) son domicile du canton X au canton Y. Il annonce ensuite son départ a l’étranger pour le 1er mars. Monsieur Z devra s’acquitter des trois mois d’impôts, de janvier à mars, dans le canton Y. Et toute l’année fiscale 2017, due dans le canton X ? C’est bête, mais elle a momentanément disparue dans un angle mort du fédéralisme…

  1. Obtenir une attestation de non-poursuites

Cette étape (qui, encore une fois, dépend des cantons) peut être également s’avérer délicate. Toutefois, par une heureuse coïncidence, le particularisme helvétique décrit ci-dessus s’applique également aux services des poursuites, qui sont du ressort des cantons, communiquent mal entre eux et sont de plus en plus débordés. Par conséquent, imaginons que ce crevard de Monsieur Z ait des poursuites pour arriérés d’impôts et d’assurance maladie, comme toujours plus de Suisses, dans le canton X. Apres trois mois seulement, ces poursuites n’auront très certainement pas encore été transmises au canton Y, ou le guichet des poursuites lui délivrera une attestation vierge de tout montant – la seule qui lui sera demandée.

  1. Obtenir l’attestation de départ

Muni de la preuve du versement des impôts courants, de l’attestation de non-poursuites et du formulaire dument vise par les deux services (contributions et poursuites), vous retournez au Contrôle des habitants, qui vous délivrera le sésame – votre attestation de départ définitif de la Suisse.

  1. Obtenir une attestation de domicile a l’étranger

Une fois arrivé dans votre pays d’accueil, il vous faudra obtenir une attestation de domicile. Les exigences pour celle-ci dépendant évidemment des lois du pays, il est essentiel de bien se renseigner à l’avance (forums, sites des ambassades, etc). En Thaïlande par exemple, le Bureau de l’immigration exige un contrat de bail et un visa non-Touriste d’une durée minimale de trois mois. Un moyen pour obtenir un contrat de bail est de passer par Airbnb et de s’arranger à l’avance avec le loueur ; pour le visa, une inscription dans une école reconnue donne droit au visa Etudiant ; et le tour est joué. Mais encore une fois, tout dépend du pays d’accueil.

  1. Faire traduire l’attestation de domicile

L’attestation doit impérativement passée par un traducteur agréé, qui y apposera son sceau officiel.

  1. Ouvrir un compte dans le pays d’accueil

La aussi, il est utile de se renseigner à l’avance sur les conditions et documents exigés (par exemple contrat de bail ou facture d’électricité a votre nom, visa…) pour pouvoir ouvrir un compte bancaire dans votre nouveau pays (c’est généralement assez simple – rares sont les banques qui refusent de l’argent, par définition).

  1. Envoyer les documents à la caisse

Une fois réunis l’attestation de départ et l’attestation de domicile avec sa traduction, scanner et renvoyer le tout par e-mail a la caisse, avec également un scan de votre passeport et du formulaire dument complété, sans oublier les coordonnées complètes de votre compte. La caisse effectuera le transfert dans les dix jours. Et voilou !

Bien sûr, les choses sont un peu plus compliquées pour qui a été marié, aurait des enfants à charge ou en cas de départ dans un pays membre de l’UE ou ayant conclu des accords fiscaux avec la Suisse. Pour plus de renseignements je ne peux que recommander l’e-book Départ de Suisse et 2e Pilier, très complet (et son auteur propose des consultations a des prix très raisonnables pour les cas complexes).

En conclusion, si cette possibilité (assez inespérée, il faut bien le dire) de financer votre départ dans une nouvelle vie vous tente, il est probablement judicieux de ne pas trop hésiter – il est à peu près certain qu’elle ne subsistera plus pour longtemps.

Greetings desde Asia Latina

I haven’t made much progress on the brewery front, so I figured this post would be about the weird case of the Philippines and the Filipinos.
One of the peculiarities of the Philippines is how comparatively familiar much of it first appears. Of course this is South-East Asia and everything is extremely different from Europe – but compared with, say, Myanmar, Bali or Thailand, the Philippines feel way less profoundly alien, strange, fascinating-yet-unfathomable. This has to do of course with the fact that the country was colonized for almost four centuries by Spain, only to be replaced by the US until the end of World War II. The result is a weird mix of colonial Spanish and American cultures coexisting with traditional island traditions and Asian ethnicity. Like two consecutive layers of paint applied on the surface of a tropical, tribal identity. I don’t know much about Central or South America, but I’m pretty sure there are places it must feel just the same. Actually sometimes I feel like I’m closer to South America than to Vietnam here.

First there is the language of course. Latin alphabet is the only one in use nowadays. Most Filipinos speak good to perfect (American) English as a second or third language. It’s amazing how this makes everything so much easier… Filipino or Tagalog (the common national lingo, originally the Manila dialect) integrates a lot of Spanish words or expressions, only with a different spelling (kamusta for como esta). Actually 1/3 of Filipino vocabulary is of Spanish origin, and as result it does sound vaguely familiar. For some reasons, the time of the day is always in Spanish (“las dos y media”), and the bigger number (“ten thousand peso”) in English. And then there is this strange habit of switching to English for a few words and back to Filipino then back to English – though I heard this mostly on television. Being totally fluent in English is the sign of superior education, therefore is a class act.

Then there are the guns. It’s a well-known fact there are a lot of weapons around in the Philippines. Every security guard (and there are lots of them, everywhere, in front of every bank, parking, malls, you name it) carries a the very least a handgun, often a shotgun too. I suppose it is for a reason.
I have heard a few horror stories – how a girl who was staying in the same cottage I usually go in Puerto Princesa, and who apparently was an out-of-control drug addict, got murdered by a hitman for 10’000 peso (200 francs/euros). That is the price of a life here. The cottage owner, who told me the story, was appalled by the fact that the hitman stabbed her 21 times in full daylight, in front of multiple witnesses. Had he been a bit more professional, it would have been totally fine, as far as he was concerned. Also I have heard stories of foreigners who liked local girls a bit too much, got local boys jealous, and ended with a bullet through the back of their head.
It has to be said, though, that he girls can be pretty flirty, in a more relaxed manner than in other Asian cultures perhaps. Not in a bad way at all – just an easy smile followed by a quick little joke, an impression of easy-going openness, quite charming actually. But everyone is smiling and cracking jokes and being nice all the time here anyway. Because even though I’m well aware that the percentage of assholes, bullies and downright criminals is the same here than anwhere else – even though I know there are many aspects of the culture that I just don’t see yet, some probably very unpleasant – for now, all I can say is that the Filipinos are the nicest, easiest, kindest, most polite people I’ve ever had the pleasure to live along. So salamat po, guys.