La Belle Epoque, c’est bien fini

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Encore une vieille enseigne lausannoise qui disparaît: La Belle-Epoque, le cabaret de la rue de Bourg, fermera ses portes ce week-end, avec une ultime soirée electro et burlesque. Le gérant accuse la ville et le canton de «racket légal» et de «harcèlement».

Après le Snob, devenu le club electro La Ruche, et le Tiffany, à la rue de l’Ale, qui devrait également renaître sous forme de discothèque, c’est un des derniers bars à champagne lausannois qui met la clé sous le paillasson. Ouvert il y a plus de vingt-cinq ans, La Belle-Epoque avait connu ses heures fastes dans les années 80. «Il y avait jusqu’à 25 filles, des chiffres d’affaires exorbitants… c’était la belle époque, c’est le cas de le dire», plaisante tristement Patrick Formica, qui a repris l’établissement en novembre 2008.

Les habitudes des noctambules ont changé, leur pouvoir d’achat peut-être aussi. Mais surtout, selon Patrick Formica, l’Etat n’en finit plus de serrer la vis et d’étouffer les établissements nocturnes sous les taxes et les contraintes légales.

«Nous devons tout d’abord reverser 5,2% de la TVA, plus 3% de notre chiffre d’affaire à titre de taxe sur le divertissement, quelque chose qui n’existe pas dans les autres cantons. Les autorisations pour ouverture tardive, de 4 à 5h du matin, coûtent 70 francs de l’heure, soit jusqu’à 2100 francs par mois. Pour la patente – que des cantons comme Bâle ou Zurich ont supprimé – on nous ponctionne pas loin de 4000 francs de taxes annuelles diverses. S’y ajoute encore la taxe pour le City Management… faites vous-même le calcul: nous travaillons pour l’Etat», s’emporte Patrick Formica, qui doute par ailleurs de l’efficacité du salaire minimum imposé de 4250 francs pour les employées de cabaret, censé décourager la prostitution. «Ca ne change strictement rien. Même avec ce salaire assuré, les filles continuent de faire leur travail par derrière. Et les salons de massage, qui se multiplient, nous font de la concurrence déloyale!»

Nouvelle législation
Le canton de Vaud veut-il la peau de ses cabarets? Le directeur de la police du commerce, Marc Tille, réfute toute intention de «moraliser» les nuits lausannoises. «En ce qui concerne les charges, depuis l’introduction de la nouvelle loi sur les auberges et les débits de boisson (LADB), en 2003, nous sommes au contraire passé d’un impôt pour la patente à un système d’émoluments, plus avantageux. Mais la législation a évolué. Depuis le 1er septembre 2004, le canton a une Loi sur la prostitution. Certains établissements ont dû choisir entre être un night-club, au sens de la LADB, ou être un salon, au sens de la Loi sur la prostitution. Ils ont à peu près tous choisi de rester des night-clubs. Soit – mais cela implique qu’il ne devrait plus y avoir ni prostitution, ni racolage dans ces lieux. Ca n’est qu’un souci de clarté.»

Ultime soirée electro
Ce samedi, «Les DJs romands rendent hommage à la Belle Epoque» – le cabaret accueillera pas moins d’une douzaine de DJs reconnus, dont Mandrax, Kate Wax ou Digital Natives, pour une ultime soirée exceptionnelle et electro. Animation par les drag-queens «Les Grandes Zazas», shows burlesques, stripteases, spectacles, boissons à prix non majorés… Plus d’info sur Facebook.

Lausanne-Cités / 23.04.09

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